Chapitre 3. Les méthodes du FLE en Iran…………………………p. 65
3.1. Préface ………………………………………………………………p. 66
3.2. La conversation : sa place dans les cours de FLE………………p. 70
3.3. Analyse de méthodes de FLE…………………………………………..p. 74
3.3.1. Techniques et utilité – Exemples de Campus1 et Taxi1……………….p. 74
3.3.2. Initiation avec les méthodes du FLE pour les enfants………….p. 80
3.4. Comment penser l’entrée dans les apprentissages en français langue de scolarisation pour les enfants d’origine étrangère?……….p. 84
3.4.1. Dans ce contexte, que peut-on attendre d’une approche orientée FLS-FLSCo?……………………………………………………………………………………p. 84
3.4.2. Deux mondes scolaires très distants……………………………..p. 86
3.4.3. Comprendre ce qui se passe à l’école……………………………p. 88
Conclusion……………………………………………………………p. 91
Bibliographie……………………………………………….p. 98
Introduction
L’acquisition d’une langue est un phénomène intéressant chez l’être humain. Nous sommes la seule espèce vivante sur Terre qui ait développé tout un système lexical pour communiquer.
Nous avons aussi développé plusieurs langues et il en existe beaucoup plus dans le monde entier. Certains d’entre nous peuvent en acquérir une, deux, trois, ou quatre en plus de leur langue maternelle, mais la plupart des gens apprennent les langues dans un cadre scolaire.
A travers leur famille, les chansons ou Internet, les jeunes élèves savent déjà que d’autres langues existent. Alors, ce n’est pas la peine de leur dire que l’apprentissage des langues étrangères est utile pour leur avenir ! Ils sont curieux sur les langues étrangères.  Pour eux, c’est quelque chose de magique.
Evidemment, tout le monde ne peut vivre dans un autre pays ou multiplier les vacances à l’étranger; alors, les échanges avec des élèves étrangers en utilisant un mot étranger par exemple, dire « sit down » pour faire asseoir son camarade, c’est très amusant pour un élève au cours élémentaire. Ils ont quelques notions, même si parfois il leur faut tout désapprendre parce que la prononciation n’est vraiment pas bonne.
L’apprentissage d’une langue étrangère (ou régionale) fait officiellement sa rentrée dans les programmes des écoles élémentaires. Dès le cycle des apprentissages fondamentaux, cet enseignement aura pour but la création des bases de l’apprentissage linguistique.
Il fixe les objectifs prioritaires qui visent à faciliter la maîtrise du langage: l’enfant sera amené à comprendre et utiliser de façon pertinente des énoncés.
Plus tard, cet enseignement vise l’acquisition de compétences permettant un usage efficace de la langue étrangère dans un nombre limité de situations de communication adaptées au jeune enfant: l’apprentissage est centré sur des activités de communication.
Progressivement aux méthodes traditionnelles calquées sur l’enseignement des langues mortes (c’est à dire axées sur la grammaire et la traduction), se sont substituées les méthodes directes (enseignement dans la langue étrangère), la priorité à l’oral était lancée !
Puis se sont mises en place les méthodes audio-orales et audio-visuelles. On procède à une écoute des énoncés sans l’aide de l’écrit, en faisant porter l’attention sur une bonne prononciation, on amène par la gestuelle, le mime, les élèves à répéter et à assimiler.
Aujourd’hui, de nombreux pédagogues de l’enseignement d’une langue vivante préconisent les approches communicatives où l’objectif principal est de permettre aux élèves d’apprendre à communiquer dans la langue étudiée.
De nombreux linguistes s’accordent aujourd’hui à dire que l’apprentissage d’une langue étrangère se développe d’autant plus facilement que le contact avec cette langue est précoce.
En effet, comme le souligne Claude Hagège dans L’enfant aux deux langues1, jusqu’à l’âge de dix ans, les enfants ont l’oreille ouverte à tous les sons. Jusqu’à cet âge, l’enfant possède potentiellement un grand pouvoir d’intégration des sons et des phonèmes de toutes les langues.
Il faut être naïf ou ignorant pour ne voir dans une langue vivante qu’un outil de communication, comme le sont les langues artificielles. Au-delà des barrières sociales, et comme le démontrent d’innombrables travaux de neurophysiologistes et de psychologues, elle ne se réduit pas à un simple code pour l’échange d’informations, mais elle constitue le creuset même de l’identité de chacun. Comme a pu l’écrire Régis Debray, « elle n’est pas un instrument, mais un milieu de vie, le fil d’or d’une vitalité longue et singulière»2.
La didactique des langues est l’ensemble des méthodes, hypothèses et principes pédagogiques, qui permettent aux enseignants, formateurs, auteurs d’outils d’apprentissages – notamment de manuels et logiciels – d’optimiser les processus d’enseignement/apprentissage des langues étrangères.
Les méthodologies d’apprentissage sont des phénomènes relativement nouveaux dans le domaine de la didactique des langues. La méthodologie traditionnelle est apparue au début du XXe siècle, formant une base dans l’enseignement des langues secondes et étrangère.
1. Claude Hagège, L’enfant aux deux langues, Odile Jacob, Paris, 1996, p. 35.
2. Bernard Cassen, « Manière de voir, La bataille des langues», Le Monde diplomatique, n° 97, février-mars 2008. Peu après, la méthodologie directe met de côté l’idéologie de la méthodologie traditionnelle pour plonger l’apprenant dans la langue cible. Par la suite, au début de la Deuxième Guerre mondiale, la méthodologie audio-orale remplace peu à peu la méthodologie directe pour faire place à l’apprentissage rapide d’une langue cible afin qu’ils puissent communiquer rapidement dans les autres langues. Cela dure jusqu’aux années 1970.
La méthodologie structure-globule audiovisuelle prend sa place, une méthodologie qui ressemble beaucoup au style d’apprentissage dans les programmes de langues secondes et d’immersion dans les écoles aujourd’hui. Finalement, l’approche communicative est aujourd’hui acceptée comme la méthodologie de référence dans les cours de langue seconde.
On peut dire que les objectifs d’apprentissage d’une langue étrangère ont énormément varié depuis la méthodologie traditionnelle. Au XIXème siècle, l’objectif culturel était prioritaire; en effet, on étudiait une langue étrangère par et pour sa littérature, ses proverbes, sa culture en général. Ces connaissances accordaient une catégorie sociale et intellectuelle supérieures et distinguaient tout particulièrement l’apprenant de langue étrangère.
Par contre, dès 1950, on a préféré l’objectif pratique qui privilégiait un enseignement de la langue considérée comme un outil de communication destiné à engager efficacement une conversation avec des personnes parlant une autre langue.
Alors que dans les années 1960 l’enseignement des langues en milieu scolaire étaient à son apogée, dans les années 1980 on peut dire qu’il stagne. Parallèlement à cette situation, on étudie de plus en plus les spécificités de l’enseignement des langues étrangères aux adultes.
L’apprenant occupe alors une place de choix dans le processus de formation qui privilégie à présent l’analyse des publics et de leurs besoins pour déterminer des objectifs et des itinéraires d’apprentissage spécifiques.
Depuis le XIXème siècle et  jusqu’à présent, les différentes méthodologies se sont succédé, les unes en rupture avec la méthodologie précédente, les autres comme une adaptation de  celle-ci aux nouveaux besoins de la société.
Cependant on ne peut pas définir d’une manière précise la succession chronologique des méthodologies, étant donné que certaines d’entre elles ont cohabité avant de s’imposer à la précédente.
Dans le cadre de l’enseignement du français langue étrangère (FLE), on constate toute une évolution méthodologique, de la méthode grammaire-traduction aux méthodes directes (audio-linguale, audio-visuelle) et approche communicative. La méthode communicative est la méthode de FLE la plus moderne.
Dans l’approche communicative qui est une des principales méthodologies de la didactique des langues, et qui est basée sur le principe de la compétence de communication, l’apprenant prend charge de son apprentissage, et tout enseignement se rapporte à la façon avec laquelle l’apprenant apprend.
Les limites de l’approche communicative sont encore mal définies. Les besoins de l’apprenant sont pris en considération en fonction de ses objectifs. La langue est vue avant tout comme un instrument d’interaction sociale.
Les tenants de l’approche communicative se basent sur la psychologie cognitiviste marquée par la linguistique chomskyenne et l’apprentissage d’une langue seconde est vu comme un processus beaucoup plus créateur et soumis plus à des mécanismes internes qu’à des influences externes.
Consciente de l’intérêt de cet enseignement précoce pour le développement de nombreuses compétences, nous avons voulu porter notre réflexion sur ce qu’il en était en matière de communication et en quoi l’ensemble de ces compétences pouvait favoriser la capacité à communiquer en langue étrangère.
L’approche communicative aide à l’acquisition de la langue française en cours de français langue étrangère (FLE). Ce qui a inspiré la réalisation de ce mémoire est la motivation de la plupart des élèves apprenant une langue étrangère.
Ils veulent pouvoir communiquer avec d’autres francophones. Le but est donc de voir si le FLE peut être appris grâce à une approche communicative et, si possible, pouvoir parler d’acquisition du français. Le FLE étant une matière scolaire, il est difficile d’avoir une influence naturelle ou sociale.
En étudiant les documents et les opinions des enseignants du FLE, et les analyser, on s’est posé des questions qui nous ont orientés vers le choix du sujet de notre recherche:
1. Les élèves, ont-ils de la curiosité pour les langues étrangères ?
2. Est-ce que la méthode communicationnelle, peut-elle être une bonne méthode pour faire apprendre une langue étrangère aux apprenants non-francophones?
3. Quelles sont pour vous les techniques d’apprentissage les plus efficaces dans l’école élémentaire?

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4. Comment l’enseignant, pourrait-il atteindre les objectifs de ses cours à travers la méthode communicative ayant des débutants du primaire?
5. Est-ce qu’il réussira à gérer un enseignement fructueux?
6. Quelle sorte d’interaction en classe du FLE gérera-t-il?
7. Qu’est-ce qu’on attend d’un professeur en pleine approche communicative ?
Nous effectuerons cette recherche avec une démarche méthodologique durant laquelle on étudie les critiques et les analyses faites autour de l’apprentissage du français langue étrangère aux apprenants non-francophones par l’approche communicative à l’école élémentaire.
Alors, ce mémoire s’articulera autour de trois chapitres : dans le premier, on analysera l’acquisition d’une langue étrangère chez les enfants.
Dans le deuxième, l’approche communicative, ses problèmes et ses avantages. On va considérer l’approche communicative «comme une méthode» et on essayera aussi de présenter les principes fondamentaux de cette approche.
Dans le troisième, on étudiera les méthodes du FLE qui existent en Iran et on jette un regard sur celles étudiées par les enfants iraniens des écoles élémentaires.
Chapitre 1
L’acquisition d’une langue étrangère chez les enfants
1.1. L’acquisition d’une langue
Avant de pouvoir commencer à traiter le problèmatique de ce mémoire, une introduction à l’acquisition de la langue maternelle chez les enfants est nécessaire pour introduire et expliquer certains termes et principes.
Puis le terme de l’approche naturelle sera introduit selon les quatre hypothèses que Krashen1 a développé et qui nous intéresse. La question est de savoir comment les élèves peuvent acquérir une seconde langue étrangère et ainsi en comprendre les principes.
Le terme d’approche naturelle aide à comprendre l’hypothèse de l’approche communicative en le considérant comme un facteur important dans l’apprentissage de la langue enseignée, jusqu’à pouvoir parler d’acquisition.
A partir d’une source extérieure, l’interlocuteur reçoit des entrées linguistiques qui sont des données importantes qui vont influencer ses connaissances linguistiques sur la langue étrangère.
Celles-là peuvent être un vocabulaire, une structure syntaxique ou une prononciation spécifique, par exemple. Elles vont aussi pouvoir développer le processus de l’acquisition et de l’apprentissage chez l’individu.
1. Stephen D Krashen: professeur anglais des universités émérites.
Un individu a pour but de communiquer avec un langage. L’enfant qui acquiert une langue a pour but le pouvoir de communiquer lui aussi. L’enfant apprend donc tout le système d’une langue en peu de temps. L’apprentissage d’une langue maternelle se déroule en plusieurs étapes.
En ayant un environnement verbal, l’enfant observe, acquiert des hypothèses de règles syntaxiques et les essaye jusqu’au moment où son hypothèse est mise en doute par la réaction de son interlocuteur.
Ainsi l’enfant peut voir si son hypothèse est correcte et s’auto-corriger ou essayer une autre hypothèse s’il est nécessaire pour pouvoir communiquer avec son message.
Au début de l’acquisition de la langue, l’enfant apprend à recopier l’adulte. Ce qui veut dire que l’enfant utilise des formes qu’il a déjà entendues et essaye donc ses hypothèses linguistiques. Puis l’enfant apprend qu’il existe des règles et un système linguistique qui s’appliquent au langage.
1.1.1. Caractéristiques principales de l’acquisition
L’acquisition d’une langue possède différentes caractéristiques principales. Premièrement, tout individu a besoin de communiquer avec d’autres personnes, car nous sommes des êtres sociaux.
Deuxièmement, dans son environnement social, l’individu acquiert son vocabulaire en recopiant ce qu’il entend. Le locuteur apprend à communiquer
en formant des hypothèses sur un plan cognitif grâce à ses connaissances et les reproduit.
C’est en observant la réaction et la réponse de ses interlocuteurs que ses hypothèses se confirment. Si nécessaire, il les modifie ou en adapte de nouvelles.
Troisièmement, l’individu possède une pensée qui enregistre des données. Avec ces données, le locuteur peut produire une parole porteuse de sens. Avec les paroles il forme une hypothèse, puis une autocorrection se produit avant ou après la locution.
Enfin, l’individu apprend un vocabulaire et associe les mots avec leur signifié et leur l’idée. Nous pouvons voir qu’il y a une interaction sociale importante pour qu’un individu arrive à acquérir une langue.
Dans ce cas pouvons-nous l’appliquer dans un cadre scolaire ou dans des cours de langue étrangère ? Pourquoi ne pas seulement abandonner l’enseignement de la grammaire si l’individu peut acquérir une langue sans un enseignement explicite?

1.1.2. L’acquisition d’une langue étrangère
Tout individu peut acquérir une seconde langue vivante seulement s’il le désire, mais surtout s’il en a la nécessité. S’il a la chance de pouvoir utiliser celle-ci dans des situations de conversation, l’individu peut alors acquérir une nouvelle langue.
L’apprenant peut développer de nouvelles compétences dans une langue étrangère de deux façons différentes : soit il acquiert la langue en l’utilisant dans une situation de conversation naturelle, ou soit il l’apprend.
L’apprentissage d’une langue consiste à connaître les règles de grammaire. Plus important encore, l’individu doit connaître les règles linguistiques de la langue.
Sauf que, l’individu est préoccupé par le sujet de la conversation et le message qu’il veut communiquer. L’acquisition d’une langue prend place quand les personnes comprennent le message.
L’enseignement de la grammaire en langue étrangère est basé sur des approches qui insistent sur l’apprentissage conscient des règles et la correction des erreurs. Il est de même que l’enseignement des langues aide beaucoup à les expliquer. Quand l’individu apprend les règles et arrive à corriger ses erreurs, il produit plus facilement les formes correctes de la langue.
La distinction entre l’apprentissage et l’acquisition est importante pour comprendre la différence entre un savoir explicite et un savoir implicite. L’apprentissage est un procédé qui peut aider à l’acquisition.
Les enfants en phase d’apprentissage linguistique comprenant les entrées linguistiques simplifiées acquièrent plus rapidement de nouvelles entrées linguistiques. La source de ces entrées vient d’une parole de gardien-caretaker speech. Le gardien est en général un adulte.
Cette parole de gardien a trois caractéristiques. Lorsqu’un adulte veut parler à un enfant, il veut se faire comprendre. Il change alors sa façon de parler pour pouvoir communiquer de manière simple. Ce n’est pas pour apprendre à l’enfant sa langue maternelle, mais bel et bien pour se faire comprendre.
Par contradiction, la parole employée entre adultes est un peu plus complexe. Elle prend également place entre l’adulte et l’enfant au fur et mesure de sa croissance. L’adulte parle du ici et du maintenant avec l’enfant et utilise à la fois un support extralinguistique et un contexte.
Ces derniers permettent de communiquer avec l’enfant quand le vocabulaire et le discours deviennent trop compliqués. Durant le développement intellectuel de l’enfant, le discours gagne en ampleur sur l’axe temporel.
Une parole qui est similaire à la parole de gardien est le discours de l’étranger. Ce discours est employé par un locuteur envers un destinataire ayant une faible maîtrise voire aucune de la langue. Le locuteur parle alors plus lentement que d’habitude, répète fréquemment et utilise des questions fermées, réponse par oui ou par non uniquement.
Un troisième discours similaire est à retenir. Il s’agit là de la parole du professeur. Cette parole est un discours en langue étrangère dans le cadre scolaire. Elle est utilisée pour donner des instructions et explications aux élèves. Elle a, entre autres, un filet d’entrées linguistiques très grand et elle est employée pour communiquer avec les élèves.
D’après Krashen, ”la parole du professeur est la méthode qui a les meilleures entrées linguistiques pour une acquisition de la langue étrangère. En effet le professeur ne donne pas seulement une leçon de langue étrangère, mais un registre d’entrées linguistiques important. ”1
En classe de langue étrangère, les cours sont souvent basés sur une approche par l’apprentissage de la grammaire où les entrées linguistiques sont affinées dans le but d’atteindre un enseignement précis (dans le contenu).
La parole du professeur est une méthode où les entrées linguistiques ne sont pas centrées sur un apprentissage spécifique. Elle a plus de valeur. Quand le professeur s’adresse à la classe il n’enseigne pas seulement la langue, mais il donne aussi un filet d’entrées linguistiques importantes que l’élève peut comprendre.
1.1.3. Des freins à l’acquisition d’une langue étrangère
Un grand nombre de facteurs sont connus pour influencer ou déranger l’acquisition d’une langue étrangère. Dans les prochains paragraphes nous aurons l’occasion de définir, pour chacun d’entre eux, leurs inconvénients et points positifs.
1.Krashen, Stephen D. & Terrell, Tracy D., ”The Natural Approach : Language Acquisition in the Classroom”, Longman, London, Pearson Education, , 1995, p. 55.

Dans la plupart des cas, l’individu en phase d’apprentissage d’une seconde langue est influencé par son milieu social et ses connaissances de la langue maternelle.
1.1.3.1. Le rôle de la langue maternelle dans l’acquisition d’une langue étrangère:
La langue maternelle (L1) peut être un outil efficace pour faire avancer l’acquisition d’une langue étrangère (L2). L’individu peut s’appuyer sur ses compétences maternelles pour pouvoir formuler une production.
L’individu applique les règles de grammaire de la langue maternelle à la langue secondaire s’il ne les a pas encore apprises. Il y a des chances pour que la règle s’applique dans les deux langues, mais dans le cas contraire, elle crée une erreur.
Les avantages ne sont que de courte durée. L’emploi des règles de la L1 dans la L2 peut faire avancer l’individu dans son acquisition quand la règle de la L1 est similaire à celle de la L2. Même si la règle n’est pas identique, il est possible de dire que l’individu avance dans son acquisition dans le cas où il s’est fait comprendre.
En utilisant les règles de la L1, une production prématurée de la L2 aide l’individu à participer dans une conversation. Il sera plus en contact avec des entrées linguistiques compréhensibles, donc l’individu peut acquérir plus de compétence dans la langue secondaire.
Les désavantages sont à long terme. Dans le cas où les règles de grammaire ne se ressemblent pas, l’enseignant peut signaler les erreurs et l’individu peut alors les réparer. Il doit donc être constamment vigilant.
Cela ne pousse pas à une acquisition de la langue secondaire, car selon la théorie de l’approche naturelle, l’acquisition se produit seulement avec des entrées linguistiques compréhensibles. L’effet d’interférence se produit quand l’individu doit parler avant d’avoir un temps de réflexion. Une production prématurée peut être utile si l’individu se trouve dans un pays où la langue secondaire est parlée pour communiqué sur le moment.
Dans les cours de la L2, il est possible d’attendre que l’individu construise ses compétences avec une aide d’entrées linguistiques acquises. L’effet d’interférence peut alors être évité.
1.1.3.2. Les phrases types
Un autre facteur peut pousser à une production prématurée. Il s’agit des phrases types qui sont apprises par cœur. Ces phrases types sont des phrases en langue étrangère, dans notre cas en français, déjà terminées, apprises et mémorisées par l’individu.
Les phrases types, sont des phrases complètes comme : «Parlez-vous français?», «Comment tu t’appelles ?», ou des phrases à trous comme par exemple : «Je m’appelle…». Elles sont employées par l’individu sans compréhension des règles de grammaire.
D’après Krashen, ”ces phrases types ne sont pas des acquisitions correctes et ne se transforment pas en connaissances sauf si elles servent comme entrées linguistiques compréhensibles. Il est donc possible, par ce genre de production prématurée, d’inviter des entrées linguistiques compréhensibles améliorant l’acquisition de la langue étrangère”1.
Les phrases à trous ont un problème. Elles instaurent un niveau de dialogue assez élevé, caractérisé par des réponses complètes. Elles peuvent également causer des problèmes à l’individu qui reçoit alors un filet d’entrées linguistiques incompréhensibles. Leur progression dans la langue étrangère peut être fortement compromise.
1.1.3.3. L’âge
La différence d’âge est une autre variable qui peut influencer l’acquisition d’une langue étrangère. En général on dit qu’au plus on est jeune au moins il y a de difficultés pour apprendre une nouvelle langue.
D’après Krashen, ”ce n’est pas nécessairement vrai. Sur un long terme, l’individu qui commence à un jeune âge – avant les 15 ans – en langue étrangère a des chances d’atteindre un niveau maternel”2.
1. Ibid. p. 38.
2. Ibid, p. 45.
Sur un court terme, l’individu qui commence vers l’adolescence atteint plus rapidement un niveau élevé. A cet âge, l’individu peut acquérir plus rapidement une langue. Il a des chances de comprendre plusieurs entrées linguistiques.
La personne est, en outre, apte à diriger une conversation en langue étrangère en sa faveur pour pouvoir contrôler les entrées linguistiques et les rendre compréhensibles. A partir d’un âge adulte la période de silence peut être plus facile à surmonter.
L’individu plus âgé a aussi une connaissance générale supérieure à celles des jeunes personnes. Il a un plus grand registre extralinguistique qui l’aide à rendre les entrées linguistiques compréhensibles.
D’un autre côté les jeunes enfants ont plus de facilité à surmonter le filtre affectif par rapport aux adolescents. Les personnes avec une bonne attitude et ayant une confiance en elles ont plus de facilité à acquérir une langue étrangère contrairement à celle qui sont moins confiante, comme par exemple les adolescents.

1.2. Les avantages d’un apprentissage précoce
Consciente de l’intérêt de cet enseignement précoce pour le développement de nombreuses compétences, nous avons voulu porter notre réflexion sur ce qu’il en était en matière de communication et en quoi l’ensemble de ces compétences pouvait favoriser la capacité à communiquer en langue étrangère.
1. 2. 1. Développement de l’oreille et de l’appareil phonatoire
Sans écoute il n’y a pas de communication. De nombreux linguistes s’accordent aujourd’hui à dire que l’apprentissage d’une langue étrangère se développe d’autant plus facilement que le contact avec cette langue est précoce.
En effet, comme le souligne Claude Hagège1 dans L’enfant aux deux langues, jusqu’à l’âge de dix ans, les enfants ont l’oreille ouverte à tous les sons. Jusqu’à cet âge, l’enfant possède potentiellement un grand pouvoir d’intégration des sons et des phonèmes de toutes les langues.
Au cours de son développement et en fonction de son milieu, des choix s’opèrent, et au bout d’un certain temps, ces potentialités s’atténuent, puis régressent ; l’enfant ne retenant que les sons qui lui serviront dans sa langue maternelle.
Jean Duverger2 dans son ouvrage, L’enseignement bilingue aujourd’hui, rajoute que ce contact avec de nouveaux sons étrangers à sa langue maternelle, va permettre aux apprenants d’élargir leur palette tout en stimulant et entraînant leur perception auditive.
1. Claude Hagège, loc. cit.
2. Jean Duverger, Jean-Pierre Maillaird, L’enseignement bilingue aujourd’hui, Bibliothèque Richaudeau, Albin Michel, 1996. Tout comme pour le développement de l’oreille, les capacités d’acquisition phonatoire sont d’autant plus importantes que l’enfant est jeune. L’articulation et la prononciation sont plus malléables.
C’est ainsi que l’on peut éviter, comme le suggère Jean Duverger, la mise en place de ces fameux «accents étrangers» dont il est ensuite si difficile de se défaire.
Mis en contact tôt avec une langue étrangère, l’enfant en percevra et intégrera ses rythmes et intonations favorisant ainsi une meilleure maîtrise de celle-ci.
Par cette formation de l’oreille à des sonorités et des musicalités différentes, l’enfant pourra accéder à une meilleure maîtrise de la langue étrangère et donc une meilleure capacité à communiquer.
1.2.2. Développement de compétences linguistiques
1.2.2.1. Comparaison langue maternelle/ langue étrangère
L’enfant, au cours de l’apprentissage d’une langue vivante, est amené à faire des comparaisons tant du point de vue lexical que du point de vue grammatical avec sa langue maternelle.
En utilisant deux langues, l’enfant développe inévitablement des stratégies d’analyses comparatives, voire contrastives, et ces analyses sont finalement bénéfiques à une connaissance plus fine et plus approfondie des fonctionnements des deux langues en présence.
Cela lui permettra de comprendre qu’une langue est régie par un ensemble de règles qui ne sont pas obligatoirement les mêmes d’une langue à l’autre.
1.2.2.2. Prise de conscience linguistique
Une langue est un système visé à la communication, elle est régie par ses propres règles. Apprendre une langue ne se résume pas seulement à apprendre des mots ; il faut également étudier les règles qui permettent aux mots de s’articuler entre eux dans un but communicatif. L’enfant acquiert aussi une capacité plus grande, à considérer la langue comme un système abstrait.
1.2.3. Développement de compétences cognitives
1.2.3.1. Ecoute et concentration
Toute communication orale suppose une situation d’écoute. En classe, la priorité donnée à la langue orale et à la communication, les supports didactiques couramment utilisés pour l’apprentissage d’une langue, favorisent la focalisation de l’attention, condition nécessaire d’une bonne écoute.
Le fait que l’enfant soit placé dans une situation où au départ il ne comprend pas ce qu’il entend, l’oblige à se concentrer et à écouter attentivement.
L’écoute n’engendre pas la passivité, pour accéder à la compréhension et au sens de ce qu’il entend, l’élève développe une attitude active nécessaire à toute situation de communication.
1.2.3.2. Mémorisation
La mémorisation est renforcée par le souvenir du plaisir trouvé au moment de la mise en mémoire. L’enseignant mettra ainsi en œuvre des supports et des activités attrayantes, source de plaisir.
Comme l’enseignement d’une langue vivante à l’école primaire se caractérise par la priorité donnée à l’oral, les comptines et chansons, souvent source de plaisir, peuvent être de bons facteurs de développement de la mémorisation. D’autant plus qu’en langue étrangère comme en français, elles ont une structure répétitive simple.
Ces compétences de mémorisation ainsi acquises seront utiles pour répondre au besoin de communiquer de l’enfant.
1.2.4. Socialisation et ouverture culturelle
L’enfant développe des compétences de communication et d’expression orale. Le fait de parler de lui, de partager ses goûts avec des pairs développe une certaine socialisation, une meilleure coopération et une ouverture d’esprit sur autrui.

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Au sein la classe, l’apprentissage d’une langue étrangère peut ainsi permettre une meilleure intégration de certains élèves (élèves d’origine étrangère par exemple).
A l’heure de la mondialisation des échanges, la connaissance d’une langue étrangère ouvre la voie à une meilleure compréhension de l’autre et de sa culture, et à une meilleure intelligence du monde qui nous entoure. En apprenant une langue autre que sa langue maternelle, l’enfant va découvrir des traditions, des valeurs et des usages sociaux différents des siens.
En somme, toutes ces compétences permettent à l’élève de développer une bonne compréhension auditive et une expression orale adéquate nécessaires à de véritables situations de communication.
Il semble donc évident que la communication est un enjeu primordial de cet apprentissage. Nous développerons dans la seconde partie en quoi l’approche communicative se distingue des autres méthodes et en quoi elle est plus motivante et donc favorable à un meilleur apprentissage pour l’élève.
Le développement des compétences de communication et d’expression orale est un objectif prioritaire ; le maître doit engager l’élève à oser prendre la parole, il doit «susciter la participation active des élèves et favoriser les interactions».
1. 3.Position de la langue étrangère dans le cadre scolaire

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